Fréquentation obligatoire de l’école jusqu’à 18 ans?

Si vous avez suivi les activités de notre page Facebook au cours de la dernière semaine, vous avez sûrement remarqué la réaction qu’a suscitée une question sur l’âge obligatoire de la fréquentation scolaire. La Coalition Avenir Québec suggère, si elle est portée au pouvoir, de faire passer cette fréquentation scolaire obligatoire de  16 à 18 ans. La CAQ prétend qu’elle fera augmenter le taux de réussite en « forçant » des jeunes à rester sur des bancs d’école.

La CAQ a le droit de croire à cela. Par contre, pour y arriver elle devra ouvrir le débat pour permettre à tous de s’exprimer. Pourquoi? Parce que d’autres cadres législatifs seront touchés par une telle mesure. Est-ce que l’on devra modifier la loi pour les étudiants? Quel sera l’impact sur les emplois saisonniers? Qu’est-ce qui arrive lorsqu’un employeur embauche un adolescent qui n’a pas un diplôme ou une certification? Qu’est-ce qui arrive à un jeune qui ment sur sa qualification? Ces questions doivent être répondues avant d’aller plus loin.

Il y a une autre question qui a été évacuée de ce débat pour l’instant. On peut bien dire que l’on veut que la fréquentation scolaire soit obligatoire jusqu’à 18 ans, mais qu’en est-il en ce moment? Que fait-on lorsqu’un élève décroche avant l’âge de 16 ans?

Laissez-moi vous raconter une petite histoire qui vient d’un directeur d’école. Ce dernier avait une élève de 12 ans avec un taux d’absentéisme anormal, plus de 70% depuis le début de l’année scolaire.  Il contacte la Direction de la Protection de la Jeunesse pour demander de l’aide. Nous sommes à ce moment au début novembre. Le directeur appelle 3 fois pour demander que l’on fasse quelque chose pour que cette jeune fille puisse revenir à l’école.

Rien, il ne se passe rien.

Ce directeur d’école reçoit finalement une réponse de la DPJ lui disant qu’on ne peut rien faire, car la santé de cet enfant n’est pas en danger. Savez quand cette réponse a été donnée? Fin avril. Depuis les appels initiaux, cette élève avait un taux d’absentéisme de 100%.

Il ne s’agit que d’un petit morceau de ce grand casse-tête. Nous voulons tous une main d’œuvre qualifiée qui trouvera sa place sur le marché du travail au sein de nos entreprises.  Pour parvenir à cet objectif, vous voyez qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire. Ce n’est pas juste le système d’éducation qui devra s’ajuster à une nouvelle loi. Tous les ministères qui gravitent autour de l’éducation, des enfants et des familles devront le faire aussi.